Retraite annuelle au scolasticat saint Eugène de Mazenod

Du 29 septembre au 04 octobre 2019, une retraite annuelle a été organisée au scolasticat saint Eugène De Mazenod de Kinshasa/Kintambo. Prêtres, scolastiques (étudiants en théologie et en philosophie ) y ont pris part avec une pieuse dévotion. Le père Valentin NTUMBA de l’Ordre des Carmes Déchaux et prédicateur de la retraite a entretenu la communauté sur le thème : « Le style de vie d’une communauté interculturelle ».

« Afin d’être mieux disposés à servir Dieu dans son peuple, ils se réserveront chaque mois et chaque année des temps forts de prière personnelle et communautaire, de réflexion et de renouvellement. » (Constitution 35)

Après un rappel sur la vie communautaire en tant que composante essentielle et constitutive de la vie religieuse, le père Ntumba a confié aux retraitants que chacun est un don de Dieu. Ce qui conduit à affirmer que la vie communautaire est aussi un don de Dieu. Et dans un tel style de vie, les consacrés partagent de manière assidue la vie de prière (Ac 2,42-47). Ainsi, a-t-il précisé, « il n’y a pas de vie communautaire parfaite où il ne se passe rien de désagréable ». Car saint Paul écrit : « Qui peut nous séparer de l’amour du Christ ? » (Rm 8,35).   C’est donc sous cet aspect que l’on peut penser une communauté interculturelle. De telle sorte que les membres se considèrent égaux quant à leur humanité et prennent en compte leurs différences. Pour le père Valentin Ntumba, l’interculturalité, c’est l’expression différenciée concrète de l’unité différenciée, c’est une éthique qui a pour visée de mettre les cultures en dialogue, c’est une disposition intérieure qui permet de rejoindre l’autre. Il s’agit de donner à l’autre ce qui lui permet d’être effectivement et de recevoir de lui ce qui rend à l’identité son authenticité. Dans cette rencontre interculturelle, deux conditions ont été posées : la traversée des frontières en tant qu’engagement et l’intégration mutuelle comme ouverture de l’espace identitaire. C’est ce qui justifie en même temps le caractère mystérieux de l’hospitalité, comme l’a estimé le prédicateur, dans la mesure où elle ouvre la voie sur l’inconnu qui est identifié au Christ. L’accueil de l’étranger devient une exigence inconditionnelle, un devoir sacré.

Un autre aspect c’est le paradoxe de l’interculturalité. En effet, le prédicateur a développé ce sous-thème en abordant tour à tour la pauvreté comme paradigme de l’interculturalité, la transgression des interdits à l’instar de Jésus qui avait transgressé les interdits qui excluaient le contact avec certaines personnes classées « infréquentables ». C’est pourquoi la vie communautaire interculturelle est à promouvoir.

Et le père Ntumba a achevé ses enseignements en énumérant quelques mystiques à approfondir : la mystique de l’humilité, la mystique de l’accueil, la mystique du respect, la mystique de la connaissance de la culture de l’autre, la mystique de la patience, la mystique de la réconciliation, la mystique de la réconciliation, etc.

Après ce temps de renouvellement, place aux traditionnelles “journées du scolasticat” prévues du 07 au 09 Octobre.

Joël Kalaki