Vient de paraître : Histoire des Missionnaires Oblats au Congo et en Angola, par Macaire Manimba

 

Préface

Un beau jour, dans un contexte tout particulier, Monseigneur Eugène de Mazenod, fondateur des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée, a écrit : « J’ai pensé qu’il ne serait pas inutile d’écrire… Ces notes étant destinées à ceux que le bon Dieu m’a donnés pour enfants, je tiens à ce qu’ils sachent ce qu’a pensé et ce qu’a fait leur père[1]… ». Alors, il se donna une raison de plus pour continuer d’écrire inconditionnellement son journal. Bien des Oblats ont retenu la leçon de leur père fondateur : mettre assidûment par écrit les idées et l’histoire des pionniers pour que les générations futures s’en souviennent.

Le père Macaire Manimba, historien de surcroît, figure parmi ceux qui tiennent pour sacré ce devoir de mémoire. Si nous ne savons pas d’où nous venons, comment saurions-nous où nous sommes et où nous allons ?

La célébration, en 2016, du bicentenaire de la fondation de la congrégation des Oblats offrait l’occasion non seulement de redynamiser la spiritualité et le charisme de ce fameux institut religieux, mais aussi de revisiter son histoire. Comme un gros arbre dont les branches touchent les extrémités de la terre, les missionnaires oblats se sont déployés dans tous les sens et dans toutes les directions pour annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres aux multiples visages. L’histoire oblate en République démocratique du Congo et en Angola est, à n’en point douter, une pièce précieuse de cette épopée missionnaire de l’Eglise en général et de la Congrégation en particulier.

A ce propos, qui n’a jamais regretté le fait que l’histoire de la mission oblate au Congo soit habituellement réduite à une série de dates importantes, agencées schématiquement en fonction des événements et des faits les plus saillants parfois sans relation entre eux, comme un squelette sans chair ? Heureusement que le souci de remonter et de tisser le fil de l’histoire en identifiant les acteurs et leurs œuvres fut comblé en partie par certains auteurs. Même alors, on reste encore sur sa soif, car certains survolent cette histoire tandis que d’autres se perdent dans les détails. Comment ne pas louer l’effort des confrères comme Donat Levasseur, Benoît Kabongo, Baudouin Mubesala, Valère Eko, Jean-Marie Ribaucourt, Daniel Delabie, pour ne citer que ceux-là ? Chacun, à sa façon, a soulevé un pan de cette noble histoire.

Cela dit, le mérite du père Macaire Manimba est sans appel. L’ouvrage qu’il met à notre disposition a l’avantage d’être concis et précis, simple et clair. On dirait une espèce de ce qu’il faut savoir, c’est-à-dire un raccourci de l’histoire des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée au Congo. Notre auteur confesse son humilité intellectuelle lorsqu’il reconnaît le caractère non exhaustif de son œuvre qui n’en reste pas moins « une synthèse des événements les plus significatifs ». Maniant à la perfection sa connaissance de la science historique et son talent indéniable d’écrivain, le père Manimba remonte aux origines du projet d’une mission oblate au Congo jusqu’à son heureux accomplissement en passant par différentes et difficiles phases de son parcours.

Au tout début, l’ouvrage brosse sommairement la biographie du fondateur des Oblats, Mgr de Mazenod et le début de la congrégation avant d’évoquer l’essentiel des tractations initiées en 1905 qui ont conduit à la réalisation de la mission oblate au Congo. Arrivés en 1931, les premiers missionnaires, considérés à juste titres comme des pionniers, devaient déployer le charisme oblat jusqu’en 1966 pour consolider l’œuvre missionnaire. En 1992, on connut la première administration provinciale dirigée par un autochtone. Des héritiers appelés à refonder la mission et à ouvrir les portes et les fenêtres de l’avenir.

Que dire encore de cette courageuse et belle initiative du père Manimba de publier ce livre de chevet dont l’utilité pratique n’est pas à démontrer ? Je le recommande à tous comme un instrument pour approfondir la connaissance de nos racines et pour trouver aussi des repères susceptibles d’inspirer notre vie et notre action aux prises avec les défis missionnaires du troisième millénaire. Ce livre, tel un cadeau de notre bicentenaire, nous invite à l’intrépide audace et à la fidélité créatrice pour que la flamme du charisme oblat ne s’étiole pas.

Abel NSOLO Habell, omi

Supérieur provincial du Congo

 

[1] Ecrits oblats, vol. 17, Journal de Rome (1825-1826, 1845, 1854), 239.